Au moins 343.000 Réunionnais dans la très grande pauvreté

L’Observatoire des prix et des revenus et l’INSEE ont présenté hier le résultat d’une enquête relative aux revenus à La Réunion. Au moment où l’arrêt des grands chantiers n’avait pas encore produit leur plein effet, plus de 343.000 Réunionnais vivaient sous le seuil de pauvreté, soit un taux de 42%. Ce taux atteignait 50% pour les enfants. Depuis 2010, le chômage s’est considérablement aggravé, ce qui fait craindre également une pauvreté bien plus importante qu’elle ne l’était en 2010.


Hier à la Préfecture, une réunion de l’Observatoire des prix et des revenus portait sur le rendu d’une étude sur les revenus faite par l’INSEE. Les données sources sont celles de 2010, date de la première année d’application du RSTA et du bonus COSPAR. L’INSEE note que ses deux dispositifs ont eu toute leur importance dans l’augmentation relative des Réunionnais aux revenus moyens, c’est-à-dire en dessous de 1,4 SMIC. C’est ce qui a permis à de nombreuses familles de sortir de la grande pauvreté.

C’est en effet la hausse des revenus des catégories intermédiaires qui explique une diminution du taux de pauvreté, passant de 46,5% en 2007 à 42% en 2010. Avec la suppression des 100 euros du RSTA, c’est le chemin inverse qui risque d’être accompli.

L’INSEE ajoute que « l ’effet de la crise est atténué à La Réunion jusqu’en 2010. Les transferts sociaux jouent leur rôle de stabilisateur automatique : en particulier les indemnisations chômage offrent un revenu de substitution temporaire pour les Réunionnais ayant perdu leur emploi. Ainsi, la crise n’a pas encore produit ses effets sur le niveau global des revenus. La grande pauvreté peut être approchée par le recours aux minima sociaux. À partir de 2011, le nombre d’allocataires des minima sociaux progresse fortement, avec l’arrivée de nombreux chômeurs en fin de droits » . Autrement dit, il faut s’attendre à une situation bien plus grave aujourd’hui.

Un véritable apartheid social

9 milliards de revenus nets d’impôts sont distribués à La Réunion, mais pas équitablement. Les minimas sociaux n’en représentent que 9%, ils font pourtant vivre une grande partie de la population, comme le rappelle l’INSEE : « derrière les 142.000 allocataires de minima sociaux sont concernées 270.000 personnes, si on ajoute les conjoints et ayants droit, soit un tiers de la population de La Réunion. Si leur montant est quasi stable depuis 2007, ils représentent 9% des revenus totaux. Pour les niveaux de vie les plus faibles (3 premiers déciles), leur part atteint 25% et même 38% pour le 1er décile » .

La Réunion reste également un pays très inégalitaire. En moyenne, les 10% les plus riches ont 5 fois plus de revenus que les 10% les plus pauvres. En France, le rapport est de 3,5. Le revenu le plus bas de la catégorie des plus riches se situe au même niveau qu’en France. Cela permet de déduire que des membres de la classe moyenne en France font partie de la classe des 10% les plus riches à La Réunion, du fait de la perception d’une sur-rémunération de 53%. C’est la conséquence d’une décision de l’État. Voilà pourquoi les inégalités à La Réunion sont un véritable apartheid social.

Témoignages – 11 juillet 2013

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